L'Être sans Nom
Enfant dont la parenté se fond dans l'ombre des mystères, la voie du néant, voici ce que jamais ton cœur ne saura.
Libéré enfin de sa prison sans nom, un être plein de haine cracha sur le monde, et répandit la mort sur tous les horizons.
Bercés par la peur les villageois demeurent, car partout ailleurs la guerre incessante gronde, mais au soir vint une ombre et leur espoir mourut.
L'être déchiré par un Mal sans nom, livre pour sa paix la mort et le chaos. Violer, massacrer et apporter la destruction.
Dans sa chaumière voulait mourir une âme, qui partout maltraitée se moquait bien des autres, entendant les cris elle ne bougea pas, quand d'un coup s'ouvrit la porte et il entra.
Ses traits fins et beaux, sa peau aux reflets d'or, ses cheveux tout noirs, ses yeux lançant des flammes, et ses ailes noires qui se découpaient dans l'encadrure de la porte, sans un mot elle comprit sa douleur et lui pardonna le Mal.
Pensant tuer son âme avant de l'achever, il fut troublé par le pardon, et le fait qu'elle se soit donnée, sans l'ombre d'une hésitation à lui, lui accordant toute sa passion et sa tendresse. Pris de peur il s'enfuit en lui laissant la vie, au milieu du village en flamme, elle l'aima pour toute une vie.
Oubliant peu à peu cette étrange femme, il se fondit dans sa haine pour répandre encore le Mal, tourmenté par sa propre hésitation, il en devint presque malade, et sa haine crût, et il continua des cycles entiers son œuvre.
Quand un jour ses pas le ramenèrent sur l'un de ses anciens chemins, il trouva une demeure perdue au milieu des débris, se mordant les lèvres il voulut achever ses doutes. Fracassant la porte, il retrouva la femme, et lui planta alors sa lame dans le ventre, mais elle lui sourit en perdant doucement la vie. "Je comprends ton besoin de remettre de l'ordre dans ton propre chaos, je comprends ta haine, je comprends ce que ne disent pas tes mots, je ne t'en veux surtout pas…". Quelque chose alors en lui se brisa, et fébrilement sur elle il se pencha, aimante jusqu'au bout elle tendit le doigt vers leur enfant dans son berceau, encore plus brisé, l'être lui offrit le baiser qui emporta son dernier souffle. Emmenant le petit enfant, il l'abandonna à un cercle druidique fort isolé sans jamais se montrer, et repartit errer sur la terre de ses crimes… perdu dans le flot tumultueux de ses pensées… il avait perdu la haine, perdu le Mal à ce dernier contact, il avait besoin de temps… et se résolut à retourner plus tard à son enfant, lui avouant tous ses actes, et accepter tous les reproches, la mort même…
Mais jamais il ne vint à l'enfant… jamais personne n'en sut rien… car la vengeance du Bien le frappa pendant qu'il apprenait les remords… Il mourut par la main d'un paladin, la loi abattant le chaos… mais quel résultat…? Le Mal déjà l'avait quitté… mais personne ne le saurait… jamais son enfant ne saurait…