L'Apparence
Qui n'a jamais cherché à dissimuler ce qu'il ne veut pas s'avouer être ou avoir, derrière un masque neutre et froid, tel les sans âmes... jusqu'à ce que le trop plein de soi-même fasse fondre le masque... et fende la coquille...
Chaque jour qui passait, je ne montrais de moi qu'un être froid et fier, ne s'éternisant ni sur les misères des autres, ni sur la peine de mes amis, trouvant les mots juste pour les rassurer, car ayant affronté la même chose mais sans jamais l'exprimer.
On m'admira pour cela, et la coquille dure se fondit dans la peau, allant jusqu'à faire croire à mon esprit, que jamais je ne pourrais être autrement...Endurant les vagues de tristesse, sans sentir que je m'emplissais de mélancolie et de douleur, je parcourais le fil du temps bercée par un mal qui me rongeait doucement, sans prévenir, m'affaiblissant lentement pour pouvoir s'extérioriser.
Ainsi un jour j'ai découvert que tout mon être, que je pensais si fort, n'était que sensibilité camouflée sous une épaisse coquille... quand la coquille s'est fendue, je me suis retrouvée nue dans cette sensibilité, et j'ai pleuré... pleuré sur cette pureté que je ne voulais pas croire posséder, pleuré sur cette image de dure qui venait de s'effriter, et pleuré parce que les autres m'ont aimée plus encore...