La Révélation
Il y avait, dans les murmures du vent, quelque chose de changé... il me semblait à présent qu'ils étaient chargés d'émotions, portant aussi bien les rires des vivants que les gémissements des morts. Mes perceptions changeaient, comme si je pouvais voir au travers, et au delà de certaines choses.
Jamais le contact de la Mort ne me parut froid. Il m'était apparu alors, dans cet infini de gris, des évidences qui n'en étaient pas auparavant... La Mort faisait partie intégrante du cycle, au même titre que la Vie. La Non-Vie était une aberration qui n'avait pas lieu d'être. Les Morts avaient droit au repos et au souvenir de ce qu'ils étaient et avaient fait.
Me l'avait-on soufflé ? Avait-ce toujours été au fond de moi ?
Le souvenir d'un contact léger demeurait, même maintenant que je parcourais de nouveau le monde des vivants. Je pouvais le sentir, à chaque instant, comme si je portais à présent une marque invisible, spirituelle... la marque éternelle du Seigneur des Morts.