Ecouter le Vent
Ecoute le silence il te parle,
N'entends-tu pas ce pas dans le vent,
Moi je sens sa présence telle une Ombre hors du temps
Un tranchant fendant l'air entends son râle.
Déjà trop tard il s'est tu avec ta mémoire,
Et a redisparu inconnu dans les vapeurs du soir.
Le jour a passé et tu ne sens toujours pas
La fine lame qui glisse doucement jusqu'à toi;
Dans les recoins parfois je vois passer son sourire,
Il est là et n'est pas comme un simple soupir.
Plus la peine d'espérer ton regard fixe l'éternité,
Et pourtant ai-je rêvé la lune n'est pas voilée.
Une brise tous les soirs traverse les ruelles,
Les badauds effrayés la prennent pour autre chose qu'elle.
On m'a dit une fois que le vent murmure,
Mais son rire quelques fois peut sembler très dur.
Le pauvre fou qui croit en l'innocence de ce souffle,
Pourrait bien se retrouver un matin sans un souffle.
Car écouter le silence quand il se mêle au vent,
Laisse parfois entrevoir le subtile tranchant
Qui différencie le temps du discret,
Et sa morsure de son baiser.
Ainsi oublient les gens le mauvais souvenir du vent,
Mais chacun de ses bruits les fait encore frissonner
Resoulevant leur peur comme du fond du passé,
Mêlant leurs cauchemars à des flaques de sang...
Charity Dominaria, à la mémoire de Gaylon Dioness